L’INCIDENCE DU CLIMAT

La géologie et la pédologie tiennent leur place dans la naissance des bons vins, mais elles ne seraient rien si elles ne rencontraient des conditions climatiques particulières qui leur permettent de créer un environnement favorable à la constitution de vignobles de qualité.

La vigne n’aime pas les extrêmes

La vigne est capable de s’adapter à des contextes climatiques très di vers. Elle parvient à se développer sous des cieux septentrionaux, relativement froids et peu ensoleillés. On peut la cultiver sous des climats continentaux lorsque le gel hivernal ne détruit pas régulièrement les souches. On la rencontre également dans des régions à tendance tropicale.

Cependant, elle supporte mal les extrêmes : des températures inférieures à – 15 °C provoquent la destruction partielle ou totale des rameaux, des souches et des racines; inversement, des températures trop élevées peuvent aboutir au grillage des feuilles et des raisins. En fait, l’aire privilégiée de sa culture se situe entre 50 et 35 degrés de latitude, soit, dans l’hémisphère nord, dans des régions s’étendant des Ardennes au nord du Maghreb.

De son côté, l’ensoleillement dé termine la couleur des vins. II faut davantage de lumière pour assurer la synthèse des matières colorantes rouges que pour fabriquer du sucre. C’est pourquoi, dans les pays proches de la limite nord de culture de la vigne, il n’est guère possible de produire que des vins blancs (Alsace, Chablis), parfois même avec des cépages rouges (Champagne). En effet, lorsque l’ensoleillement est insuffisant, les raisins rouges ne sont pas assez colorés. Quant à la pluviosité, elle ne doit pas être trop déficitaire, comme c’est parfois le cas dans les régions méditerranéennes. Elle ne doit pas non plus être excessive, car elle risquerait alors d’affecter la qualité des millésimes sous les climats tempérés de la façade atlantique ou sous les climats frais du quart nord-est du pays.

L’accord climat-cépage

Il est remarquable de constater que les vins de haute qualité sont généralement produits par des cépages arrivant juste à maturité sous le climat de la région : une maturation complète du raisin est indispensable pour obtenir un bon vin, mais elle doit être lente et progressive.

Dans des régions plus chaudes et plus ensoleillées, où les raisins mûrissent plus facilement et devraient, a priori, donner de meilleurs résultats, ces mêmes cépages produisent des vins « pauvre» dont le bouquet est moins développé, comme si une maturation trop brutale avait pour effet de brûler les essences qui font la finesse des grands vins.

Ainsi, les meilleurs vins sont souvent produits à lu limite septentrionale de culture des grands cépages ; ceci exige des soins attentifs de la part du viticulteur: la quantité et la qualité de la récolte sont alors tributaires des aléas climatiques.

L’idéal climatique

Les accidents peuvent survenir à plusieurs périodes de l’année. Si, en France, le gel hivernal des souches est un phénomène exceptionnel, en revanche les gelées de printemps risquent de détruire les jeunes pousses. Des précipitations importantes lors de la floraison et de la fécondation peuvent provoquer la coulure et le millerandage, avec comme conséquence des pertes de récolte. Des périodes pluvieuses accompagnées de températures douces favorisent les maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, botrytis, etc.) qui attaquent les organes verts ou les baies du raisin. Quant à la grêle, elle peut, localement, entrainer la destruction partielle ou totale d’une récolte et compromettre les suivantes. Enfin, les orages et les fortes pluies peuvent maltraiter la vigne et dégrader les sols par le ruissellement. Notamment dans les régions méditerranéennes où, autrefois, pendant que les hommes reconstituaient les murets protégeant les terrains, les femmes devaient remonter la terre qui avait descendu les pentes.

Si la vigne a échappé à ces accidents, elle ne donnera pas pour autant un bon vin. II n’est certes pas aisé de déterminer quelles sont les conditions climatiques idéales pour obtenir un vin de qualité. Toutefois, quelques notions essentielles se dégagent de manière assez évidente. Ainsi, il n’existe pas de variations considérables dans la somme des températures d’une année sur l’autre. L’élément le plus déterminant, pour la qualité comme la quantité de chaque millésime, est, donc bien la pluviosité. Une alimentation en eau satisfaisante est nécessaire durant la période de croissance de la vigne (d’avril à juillet inclus). Toutefois, elle ne doit pas être trop importante: ceci aboutirait, sur des sols relativement fertiles, à des vignes trop vigoureuses, avec une production excessive de raisins à grains trop volumineux.

En revanche, des températures élevées, un fort ensoleillement et une pluviosité réduite, mais sans être trop déficitaire, durant la maturation et la période des vendanges, sont souvent le gage d’un millésime de qualité. Les conditions climatiques de l’année constituent le facteur déterminant pour la qualité du millésime, même pour les meilleurs crus. Toutefois, on constate fréquemment chez ceux-ci une certaine régularité qualitative, divers facteurs (dont les sols avec leur mode d’enracinement) venant atténuer les effets des conditions climatiques extrêmes et permettre une meilleure régulation de la physiologie de la vigne. Cela explique la très forte supériorité que manifestent les grands crus dans les millésimes les moins favorables.

Mésoclimats et microclimats

Si les données climatiques générales ont leur importance, on peut se demander quelle est celle des mésoclimats existant à l’intérieur des grandes régions viticoles (au niveau des parcelles ou des groupes de parcelles). On constate que nombre de vignobles français, comme l’alsacien ou le bourguignon sont orientés vers l’est. Cela permet de profiter des rayons du soleil levant qui réchauffe de manière progressive et d’être plus à l’abri des pluies venues de l’ouest. De même, on a pu vérifier depuis longtemps que les reliefs à forme convexe atténuent les écarts journaliers température, tandis que ceux qui ont une forme concave (bas de pente et fonds de vallée) sont à éviter, la durée d’ensoleillement y étant plus faible et l’air froid s’y accumulant, avec au printemps des risque de gelées nocturnes. Toutefois il serait hasardeux de généraliser à partir de ces exemples. En effet, il faut distinguer nettement les régions accidentées des autres pour évaluer l’influence des mésoclimats. Dans les premières l’altitude, la pente et l’exposition modifient d’une manière plus ou moins importante les valeurs du rayonnement salaire, des températures et de la pluviosité. Elles influent donc directement sur la constitution et la qualité des vendanges. En revanche, dans les régions à relief peu accentué, les variations mésoclimatiques (dues à la présence de plans d’eau, de forêts, de cailloux, etc) sont insignifiantes et semblent beaucoup moins déterminantes.

Quant aux variations climatiques, se situant au niveau d’une feuille, d’une grappe, voire même d’un grain de raisin, elles peuvent être considérables. En outre, le viticulteur a la possibilité de modifier le microclimat thermique et lumineux des divers organes de la vigne en jouant sur les systèmes de conduite : géométrie et densité des plantations, orientation des rangs, taille, palissage, rognage, effeuillage, etc.

LES SAISONS DE LA VIGNE

« Taille-moi avant que je pleure, pioche-moi avant que je bourgeonne, bine-moi avant que je fleurisse, et je te ferai boire du bon vin ». Comme le rappelle ce vieux proverbe du Sud-Ouest, la vigne exige de nombreux soins si l’on veut qu’elle soit en mesure de produire de beaux raisins, aptes à donner ensuite un vin de qualité.

Faire pleurer la vigne

De saison en saison, le calendrier viticole n’est qu’une longue succession de travaux. Ceux-ci débutent alors que la vigne est encore plongée dans son long sommeil hivernal. Le dos courbé, les doigts engourdis par le froid, le vigneron doit tailler la plante. Jadis, la tradition fixait une date symbolique, le 22 janvier, fête de saint Vincent (patron des viticulteurs), pour marquer le début officiel de ce dur labeur. Mais dans la réalité, la taille s’échelonne de décembre à mars. Son importance dans le cycle annuel de la plante est loin d’être négligeable. Elle diminue le nombre des rameaux, fixe celui des bourgeons conservés et détermine le caractère de la production à venir, tant en qualité qu’en quantité.

Quoiqu’améliorée par les outils (divers types de sécateurs pneumatiques, maintenant électriques, qui se sont substitués à l’antique serpette), la taille demeure longue et pénible. Chaque pied nécessite en effet de quatre à cinq coups de sécateur. Un hectare exige de répéter le même geste de 20 000 à 25 000 fois (en comptant une moyenne de 4 000 à 5 000 pieds par ha). Dans l’avenir, la taille pourrait être robotisée. Mais la mécanisation se heurte à un obstacle important du fait que chaque pied pose un problème spécifique. A chaque fois, il faut choisir les rameaux à enlever en fonction de leur position et faire un pari sur l’avenir. Rien d’étonnant, donc, que les viticulteurs soient souvent sentimentalement très attachés à cette opération qu’ils ne peuvent en aucun déléguer à la machine. Non seulement elle conditionne le devenir du pied de vigne et sa production future, mais elle constitue aussi un moment privilégié du rapport entre l’homme et la plante. Un vrai vigneron ne peut d’ailleurs pas s’empêcher de penser que la vigne pleure quand, la taille achevée, la sève monte et perle des entailles laissées par le sécateur.

En mars s’achève la taille, vers le 15, quand la vigne commence à s’éveiller. Alors débutent les labours. Leur rôle est de détruire les plantes adventices (mauvaises herbes). Ils consistent à « déchausser » la plante, en ramenant la terre vers le milieu du rang. Le complément indispensable de ce premier labour est le « décavaillonnage » (tirer vers le sillon central la bande de terre laissée entre les pieds). Aujourd’hui effectuée automatiquement par les tracteurs, cette dernière opération était jadis réalisée à coups de pioche, souvent par les femmes qui suivaient la charrue. Dans de nombreux vignobles, toutefois, tous les labours (quatre à cinq par an) tendent aujourd’hui à être remplacés par un désherbage chimique, pratiqué à la fin de l’hiver.

En avril vient, dans les vignobles palissés, le temps de l’attachage des rameaux (sarments) conservés à la taille, sur les fils de fer (deux à trois superposés, en général). Au fur et à mesure que se poursuit le cycle végétatif de la vigne, diverses opérations sont entreprises pour assurer son bon développement. Pour éviter la prolifération des plantes adventices, on effectue en mai une seconde série de labours superficiels.

A partir du mois de mai, on procède également aux premières pulvérisations destinées à protéger la vigne contre les maladies et les parasites. Le Service de protection des végétaux avertit alors les viticulteurs des traitements à effectuer.

Juin est voué dans les vignes palissées à « l’acollage », c’est-à-dire au liage des jeunes rameaux contre les fils. On procède aussi à l’écimage (les rameaux (ou « rognage »). Cette opération doit être plusieurs fois répétée dans les vignes à palissage bas. Le printemps est aussi marqué par d’autres interventions, comme l’épamprage et l’ébourgeonnage, qui permettent de supprimer la végétation inutile. Dans le même temps, le viticulteur ne doit pas oublier de traiter la vigne contre les parasites lorsque c’est nécessaire. La bouillie bordelaise (mélange de sulfate de cuivre et de chaux servant à lutter contre le mildiou) est toujours présente, mais elle ne tient plus qu’une place réduite dans l’arsenal de lutte qui comprend quelque 36 matières actives et 300 spécialités.

La majorité de ces substances a une action uniquement préventive. On trouve deux grands types de produits; les uns, dits de surface, sont déposés sur les organes de la plante et leur persistance est, surtout fonction de leur résistance au lessivage par la pluie, les autres, pénétrants, dits systémiques, sont absorbés par les feuilles, véhiculés par la sève et dotés d’une persistance supérieure (deux semaines).

Au début de l’été, ces traitements se prolongent. En août, les travaux du sol s’arrêtent en général avec le ralentissement de la croissance des plantes adventices. Mais la surveillance du vignoble demeure indispensable et la protection peut être nécessaire jusqu’en septembre si subsistent des risques de développement des maladies.

Le système de conduite de la vigne

Le calendrier vigneron est héritier des traditions et de la sagesse populaire que véhiculent les dictons, rappelant par exemple en Champagne que « le soleil de la Saint-Jean présage une année de vin » ou que quand il pleut à l’Assomption, le vin perd sa qualité ».

Mais il est réglé aussi par les progrès des sciences et des techniques. Car la viticulture n’est plus affaire d’empirisme. Elle exige des méthodes rigoureuses, il est d’ailleurs possible de parler d’un véritable « système de conduite de la vigne». Pris au sens large, ce terme regroupe l’ensemble des interventions de l’homme, y compris celles sur le sol et la protection face aux maladies.

 

Toutefois, au sens strict, il désigne les opérations de base déterminant la structure générale du vignoble, à savoir la disposition de la plantation (espacement, densité), l’orientation des rangs (conditionnée par la topographie les données climatiques), le mode de taille, la présence ou l’absence du palissage, etc. Les systèmes de conduite peuvent être ramenés à deux grands types comportant des compromis entre divers facteurs nécessaires à la qualité du vin : la forme libre, à tronc et taille courts (gobelet), sans palissage, parfois plantée en carré, à une densité moyenne (4500 pieds à l’ha)est le mode adopté, en général, dans les vignobles méditerranéens ; la forme plissée, nécessaire pour obtenir une maturité convenable dans les vignobles plus septentrionaux, à taille longue et densité élevée (5 000 à 10 000 pieds à l’ha), se rencontre dans presque tous les autres vignobles, sous un grand nombre de variantes.

 

La nécessité d’abaisser les coûts de production, par la substitution croissante de la machine à l’homme, a conduit des viticulteurs, à partir de 1950, à cultiver des vignes dites « hautes et larges », caractérisées surtout par la faible densité de plantation (2 500 pieds à I’ha), l’allongement du tronc et la grande expansion des souches; en corollaire, une augmentation de la charge en bourgeons de chaque pied est nécessaire pour maintenir un rendement à l’hectare satisfaisant.

A cause d’une maturation des raisins plus lente, dans la majorité des cas, les vins résultants sont de qualité inférieure à celle obtenue par systèmes de conduite anciens. D’où le rejet des vignes « hautes et larges » pour les productions de très haute qualité.

Mais, en aménageant la disposition du feuillage selon la forme en « lyre » (deux plans de feuillage au lieu d’un seul), on peut améliorer le microclimat lumineux et thermique des feuilles et des grappes. Ce qui permet d’obtenir, avec des vignes à faible densité et à grand développement, des vins au moins égaux à ceux des vignes traditionnelles, comme l’ont montré des recherches récentes. Il revient à chaque région viticole d’en tirer les conséquences économiques et, à partir de ce principe, de préciser les modalités du système de conduite le mieux adapté aux conditions locales.

Côtes de Bordeaux

Afin d’améliorer la lisibilité des produits et de situer géographiquement la zone « Bordeaux » notamment pour le marché étranger, a été créé en 2007 l’Union des Côtes de Bordeaux (UCB). Sous une même bannière sont réunis les terroirs de Blaye, Cadillac, Castillon et Franc. Leur nom de famille désormais commun : AOC Côtes de Bordeaux, est complété par la mention des terroirs

« Blaye, Cadillac, Castillon ou Francs ». Cette nouvelle appellation suppose un même cahier des charges et une charte graphique commune qui permet à la fois de développer la notoriété de la région tout en valorisant les caractéristiques spécifiques de chaque terroir.

Côtes de Blaye

Aux confins des pays charentais, se déroulent, sur la rive droite de la Gironde, deux petites contrées, le Blayals et le Bourgeais, aux altitudes relativement élevées (une centaine de mètres); elles assurent la transition entre les bois saintongeais et les eaux limoneuses de l’estuaire.

Prolongeant la plate-forme calcaire du Libournais, ces deux régions se distinguent dans l’ensemble girondin. L’intérieur se rapproche de la Charente, notamment par l’origine de ses habitants, pour la plupart de langue d’oïl. Pendant longtemps d’ailleurs, ces derniers produisaient du cognac. Aujourd’hui encore, la Fine de Bordeaux, eau-de-vie créée en 1974, permet à quelques petites entreprises de distillation de travailler selon le principe de la double chauffe. Sur ce plateau intérieur plus ou moins recouvert de sables, la vigne se maintient aussi pour la production de vins blancs secs commercialisés sous l’appellation Blaye. Mais, pour l’essentiel, il s’agit d’un pays oh les paysans sont plus des agriculteurs préférant à la viticulture la culture des céréales et des asperges ainsi que l’élevage.

Le vignoble actuel s’est établi principalement sur le rebord du plateau. Dominant la Gironde, la côte est un talus parfois abrupt, creusé de cavernes et de carrières où l’on extrayait les pierres pour la construction de nombreux villages et villes de Gironde. Sculpté de profonds vallons, l’arrière immédiat du front est un pays pittoresque, comme en témoigne son surnom de petite Suisse girondine. Maintenant livrés à la monoculture de la vigne, ces terroirs sont partagés en deux appellations, côtes de bourg et côtes de Blaye. Longtemps peu connus, ces vins ont servi, notamment à Bourg, de vins médicinaux. Mais aujourd’hui, l’adoption d’une politique commerciale audacieuse, axée sur la mise en bouteilles à la propriété, le vieillissement et la vente directe, a permis à ces appellations de s’affirmer.

La production, à Blaye comme à Bourg, est principalement tournée vers les rouges. Bien que voisins, les côtes de Blaye et côtes de Bourg ne présentent pas exactement les mêmes caractères, Les blancs secs produits dans le Blayais sont plutôt frais et légers, alors que ceux de Bourg, plus typés, tirent leur particularité de leur bouquet. Les rouges sont fruités et colorés dans les deux appellations, mais on note du corps et des tanins plus affirmés dans les côtes de bourg et une plus grande finesse dans les côtes de Blaye.

Pomerol

Pomerol est un nom devenu magique depuis que cette appellation produit des vins parmi les plus chers du inonde. Pourtant, étrangement, celle-ci est restée longtemps dans l’ombre. C’est l’une des originalités d’une commune qui en compte bien d’autres.

Sous l’Ancien Régime, l’aridité des sables et graves n’incitait pas à la mise en place d’une agriculture performante. D’autant plus que la terre était répartie entre de nombreux propriétaires, dont beaucoup étaient des bourgeois et notables Libournais, qui faisaient travailler le sol par des métayers. Les riches potentialités du terroir Pomerolais exigeaient des moyens importants pour pouvoir se matérialiser. L’absence d’aristocratie et l’émiettement foncier empêchèrent longtemps les vins de sortir d’un honnête anonymat.

Les classements et textes publiés par divers courtiers et voyageurs à la fin du XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe laissaient dans l’ombre la commune de Pomerol. Ce fut après 1850 seulement que la future appellation commença à émerger et à amorcer son ascension, avec entre autres l’abandon des joualles (cultures entre les rangs de vigne) et la mise en place de techniques viti-vinicoles mieux adaptées.

Aujourd’hui le succès est incontestable. Il est attesté par la renommée et les prix qu’atteignent les principaux crus. Comme toute appellation Pomerol possède son fer de lance Château Petrus. Mais celui-ci n’est pas le seul « grand » : l’Evangile, Trotanoy, Lafleur, Vieux Château Certan, La Conseillante, Petit Village Certan de May et Lafleur Pétrus, ainsi que beaucoup d’autres le suivent de près. Aucun classement n’a jamais été établi, peut-être pour maintenir la cohésion sociale de la petite république villageoise pomerolaise. Cette originalité ne rend que plus évidente la qualité des Pomerol, ce sont des vins de longue garde On est souvent tenté de les considérer comme un type intermédiaire entre les Saint-Emilion et les Médoc. Ce n’est pas faux mais ne rend que partiellement compte de leur spécificité. L’un de leurs traits les plus originaux est leur parfaite maturation au bout de cinq ans environ, Ils acquièrent cette complexité et cette richesse qu’apporte le vieillissement. Sans doute est-ce là l’une des raisons qui ont hissé les Pomerol au premier rang mondial.

Saint-Emilion

Ville du négoce, capitale administrative et économique du pays auquel elle a donné son nom, Libourne commande le vignoble du nord-est de la Gironde. Mais, étrangement, aucune appellation ne porte sa marque et elle na jamais pu devenir l’un des phares du monde du vin. Sans doute doit-elle en grande partie cette infortune relative à sa voisine Saint-Emilion.

Dès le premier coup d’œil sur cette vieille cité qui se love sur sa butte, on sent que le présent y puise ses racines loin dans le passé. En effet, si la bastide de Libourne fut une création ex-nihilo assez tardive et autoritaire, l’origine de Saint-Emilion remonte à la fin du VIIIe siècle, époque à laquelle un moine breton, Emilianus, vint installer son ermitage dans une anfractuosité de rocher.

Des disciples creusèrent à leur tour la roche pour y aménager d’autres abris auxquels un village vint se greffer. Mais, sans doute, aucun d’entre eux n’imagina que ce site retiré allait se transformer en un petit bijou architectural doté de multiples monuments religieux et défensifs, avant de devenir, beaucoup plus tard, le centre d’un vignoble mondialement réputé.

Ce passé médiéval est encore visible dans la ville, vieux bourg qui conserve une partie de ses fortifications et des logis d’une autre époque. li faut savoir flâner dans les ruelles et se laisser porter par les impressions du moment, pour saisir l’âme et le charme de la ville, mais aussi pour comprendre le vignoble. Car celui-ci s’inscrit scrupuleusement dans les limites de l’ancienne juridiction. Outre Saint-Emilion, l’appellation englobe en effet sept autres communes (Saint-Christophe-des-Bardes, Saint-Etienne-de-Lisse, Saint-Hippolyte, Saint-Laurent-des-Combes, Saint-Pey-d’Armens, Saint-Sulpice-de-Faleyrens, Vignonet et une partie de Libourne. Cette situation explique à la fois l’importance de l’appellation, avec 5200 ha de vignes (soit environ 6 % du vignoble bordelais), et sa diversité.

Un classement original

La diversité des crus de ces vins de Bordeaux est à l’origine de l’une des particularités majeures de Saint-Emilion: la coexistence de deux appellations et un classement original, les deux s’entremêlant.

En effet, si tous les vins produits sur l’aire d’A.O.C. ont droit à l’appellation Saint-Emilion, seuls les meilleurs peuvent revendiquer celle de Saint-Emilion grand cru. Cette dernière ne correspond pas à un terroir défini, comme c’est le cas généralement, mais à une sélection qualitative régulièrement revue. D’une grande exigence, le choix respecte des critères dont le respect est attesté par une dégustation. Au sein de cette appellation grand cru, un certain nombre de propriétés jouissent d’un classement. Au total, on compte 74 crus classés, comprenant 63 grands crus classés et 11 premiers grands crus classés, eux-mêmes répartis en deux groupes. Neuf « B » et deux « A ».

 

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Le Domaine de La Vieille Julienne

C’est en 1905 que la famille Daumen acquiert le domaine de La Vieille Julienne. Depuis, ce dernier ne cesse de se développer grâce à la succession des générations.

Le domaine de La Vieille Julienne se situe dans la Vallée du Rhône, majoritairement en appellation Châteauneuf-du-Pape. Les cépages présents sur les hectares que détient le domaine sont la Syrah, la Counoise, le Mourvèdre, le Cinsault, le Vaccarèse et le Muscardin. Ces deux derniers cépages sont réputés rares. La Vieille Julienne détient 10 hectares de Châteauneuf-du-Pape et 5 hectares de Côtes du Rhône sur le lieu-dit Calvin.

Le domaine est premièrement détenu par l’arrière grand père de Jean-Paul Daumen, actuel propriétaire. A cette époque, le négoce et la vente en vrac sont prioritaires et les bouteilles sont prévues pour la famille et les amis.

En 1960, Maxime Daumen arrive au domaine et y fait quelques changements afin de le développer, notamment en entament la rénovation des chais et en investissant dans des foudres. Cette même année, les premières bouteilles de La Vieille Julienne sont commercialisées.

En 1990, Jean-Paul Daumen rejoint l’affaire familiale. Celui-ci souhaite avant tout maintenir les traditions et produire son vin de façon écologique. Les vignes et les terroirs étant privilégiés au domaine de La Vieille Julienne, les traitements du vignoble sont limités et les produits chimiques bannis. Aujourd’hui, il tient lui-même les rênes de l’exploitation familiale et confectionne des vins élégants, classiques et expressifs à la fois.

APPELLATIONS REGIONALES BORDEAUX

Souvent confondue avec le département de la Gironde, l’aire des appellations régionales Bordeaux (rouges, blancs secs, rosés, clairets et mousseux) et Bordeaux supérieur est en réalité plus restreinte. Elle ignore volontairement les terres trop humides des fonds de vallée ainsi que les sables du massif forestier des Landes.

Ces exclusions s’expliquent par la nécessité de garantir la qualité de la production par celle du sol et du sous-sol. En fait, elles reviennent à un principe assez simple : peuvent revendiquer l’appellation Bordeaux tous les terroirs girondins à vocation viticole.

Mais derrière cette simplicité se cache une extraordinaire diversité : en effet, avec plus de 30000ha, les appellations régionales sont réparties sur un territoire de 100km de longueur. C’est dire la variété des terrains d’où peuvent être originaires les Bordeaux.

Dans certains cas, il peut s’agir de terroirs n’ayant pas droit à une appellation spécifique comme les palus (alluvions récentes bordant les rivières) ou certaines parties du Libournais. Mais, dans d’autres, les Bordeaux et Bordeaux supérieurs rouges peuvent être issus de régions possédant uniquement des appellations autonomes de vins blancs, par exemple l’Entre-Deux-Mers ou le Sauternais. Inversement, certains vins blancs sont originaires de zones d’appellations rouges ; le cas le plus célèbre est la petite production médocaine, quantitativement confidentielle, mais très ancienne et généralement tout à fait respectable sur le plan qualitatif. Qu’ils s’étendent tranquillement sur des sols de plaine, s’agrippent aux côtes calcaires ou se perchent au sommet de quelques coteaux élevés, tous les vignobles bordelais se, doivent de respecter des règles très strictes en matière de rendements et d’encépagement. Pour les vins rouges, par exemple, seuls six cépages, tous nobles, sont autorisés : les cabernets (sauvignon et franc), le carmenère, le merlot noir, le malbec (appelé aussi côt) et le petit verdot. Les cabernets et le merlot représentent l’essentiel de l’encépagement.

Forte de plus de 300 millions de bouteilles par an, la production du groupe régional Bordeaux se répartit en six appellations qui possèdent une typicité réelle. Avec 220 millions de bouteilles, l’ensemble le plus important est celui des Bordeaux et des Bordeaux supérieurs. Equilibrés, harmonieux et délicats, les premiers doivent être fruités mais pas trop corsés, car ils sont généralement destinés à être consommés jeunes. Correspondant non pas à un terroir spécifique mais à une sélection dans les Bordeaux, les Bordeaux supérieurs se distinguent par leur caractère plus corsé et plus complet. L’utilisation des meilleurs raisins et une vinification très soignée leur assure une certaine longévité.

Plus confidentiels, les rosés et clairets offrent des vins frais et assez charmeurs qui sont à boire dans l’année. Obtenus par une faible macération de raisins de cépages rouges, les seconds ont une couleur plus soutenue.

Les Bordeaux blancs secs ont bénéficié, dans un passé récent, des progrès effectués par les techniques de vinification. Ils se caractérisent par leur fruité et leur nervosité. On notera une sélection de vins moelleux et onctueux, les Bordeaux supérieurs blancs, dont la production est limitée.

Le domaine Olivier Leflaive

L’histoire du domaine démarre lorsque Joseph Leflaive, grand-père d’Olivier, décide d’agrandir et d’exploiter les quelques hectares de vignoble appartenant à sa famille et se situant en Bourgogne. Il prit cette décision à la fin de la première guerre mondiale et après la faillite de son usine. C’est en 1953 que Joseph Régis, fils de Joseph Leflaive et Vincent, son frère, reprennent les rênes de l’exploitation.

En 1982, Olivier Leflaive arrive au domaine familial. Jusqu’en 1994, il le co-gère avec l’aide de son oncle Vincent et de sa cousine Anne-Claude. En 1984, Olivier décide de créer une société de vinification et d’élevage qui porte le nom de « Olivier Leflaive Frères ».

C’est en 2010 qu’Olivier prend sa retraite mais son nom reste ancré au domaine.

Aujourd’hui, le domaine se compose de 15 hectares dont 14 hectares de chardonnay. Le domaine Olivier Leflaive peut se vanter de détenir 8 Grands Crus ainsi que 40 Premiers Crus dans de célèbres appellations bourguignonnes comme par exemple : Nuits-Saint-Georges, Pommard, Chablis, Meursault, Mercurey, Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet.

Le savoir-faire et la perfection de la famille Leflaive sont de mise lorsqu’il s’agit de la vinification et de l’élevage.

Aujourd’hui, Franck Grux est le sommelier du domaine Olivier Leflaive.

La Maison Louis Jadot

La Maison Louis Jadot est constituée de 225 hectares dans le Mâconnais et le Beaujolais, en Côte d’Or. Tous les vins produits au domaine sont d’Appellation d’Origine Contrôlée de la Grande Bourgogne viticole.

 

C’est en 1826 que la famille Jadot investi dans le monde viticole en acquérant le vignoble du Beaune Premier Cru Clos des Ursules. La Maison Louis Jadot est ensuite créée en 1859 par Louis Henry Denis Jadot. La famille Jadot étant Belge, ce dernier décide de développer le négoce de vins sur les marchés du Nord de l’Europe.

En 1900, c’est son fils, Louis Jean Baptiste Jadot qui hérite et développe le domaine en acquérant de nouveaux vignobles, comme par exemple le Chevalier Montrachet Les Demoiselles et le Corton Charlemagne.

Le développement des exportations vers l’Angleterre et les Etats-Unis se fait grâce à Louis Auguste Jadot. Ce développement a lieu suite à une rencontre, en 1945, avec le fondateur de Kobrand Corporation : Rudy Kopf.

André Gagey devient l’adjoint de Louis Auguste Jadot en 1954 et prend les rênes du domaine en 1962, après le décès de son prédécesseur. En 1984, Pierre-Henry Gagey, fils d’André Gagey, rejoint la Maison Louis Jadot.

Madame Jadot souhaitant assurer l’avenir de la Maison Jadot, décide, en 1985, de vendre le domaine à la famille de Rudy Kopf qui importe notamment les vins Jadot aux Etats-Unis.

Depuis 1992, le Président de la SAS Maison Louis Jadot n’est autre que Pierre-Henry Gagey, fils d’André Gagey.

La Chablisienne

C’est le 14 août 1928 que La Chablisienne née. A l’époque, celle-ci est une SARL nommée Cave Chablisienne. En 1996, la Revue des Vins de France l’aide à se faire connaître en la nommant Coopérative de l’année. Aujourd’hui, La Chablisienne est devenue la coopérative produisant du Chablis la plus importante et l’une des meilleures coopératives françaises.

Composée de 1.200 hectares de vignes et de 300 vignerons différents qui portent une attention particulière au soin de leurs vignes et de leurs sols en opérant une sélection rigoureuse des parcelles. Le vignoble est constitué de 6 Grands Crus, 15 Premiers Crus et des centaines de parcelles de Chablis et Petit-Chablis.

Les vins de La Chablisienne disposent d’une certaine réputation partout dans le monde. Ceci est dû au fait que cette coopérative accorde une forte importance au terroir et à son expression.

La Chablisienne produit une trentaine de cuvées dans les appellations suivantes : Petit Chablis, Chablis 1er Cru, Chablis et Chablis Grand Cru. Le domaine détient aussi le réputé Château Granouilles, dans la colline des Grands Crus. Les vins produits au domaine de La Chablisienne permettent une pleine expression des arômes du Chardonnay, le cépage principal de Chablis.

C’est le mélange entre les techniciens, les viticulteurs et les vinificateurs qui offre aux vins de La Chablisienne leur spécificité.

Le domaine Spring Cellar

Giuseppe Pennachetti quitte l’Italie dans les années 1920 afin de rejoindre la région du Niagara. L’entreprise qu’il tient avec son fils connaît un certain succès. Lorsque Giuseppe part à la retraite, il décide de se lancer dans sa vieille passion : la viticulture. Giuseppe Pennachetti, son fils John Sr. et son petit fils Leonard confectionnent leur vin avec amour et qualité.

Cette expérience a permis à John Sr. et Len de développer leur passion pour le vin. En 1973, la famille Pennachetti achète donc son premier vignoble : Cave Spring, dans la région du Niagara. La famille souhaite planter des cépages européens et cultiver leurs raisins en mélangeant tradition et modernité. En 1978, sur la péninsule du Niagara, les Pennachetti plantent leurs premiers Riesling, ainsi que leurs premiers Chardonnay.

En 1981, Len décide de construire une maison au sein de son vignoble. Cinq ans plus tard, la famille Pennachetti s’associe avec le viticulteur Angelo Pavan. Ainsi, ils fondent Cave Spring Cellars, dans le village de Jordan.

Cave Spring Cellars est une véritable entreprise familiale. Helen (la femme de Len) et ses frères John Jr. et Tom le rejoignent. John se charge du coté business du domaine tandis que Tom et sa femme Anne s’occupent des ventes et du marketing.

Avec Len et la famille Pennachetti, le domaine a connu 3 générations de vignerons. Cave Spring est connu comme étant l’un des plus gros producteurs de Riesling en Amérique du Nord et l’un des meilleurs domaines viticoles du Canada.

La Cantine Riondo

La Cantine Riondo voit le jour en 1999, à Monteforte D’Alpone (Veror Italie). Désormais, le domaine s’est joint à un groupe de plusieurs coopératives. La Cantine Riondo est constituée de 6 000 hectares, ce qui en fait l’un des plus vastes domaines italiens.

Ce n’est non sa grandeur mais bien sa qualité et son identité qui permettent à ce domaine de se démarquer des autres au sein du groupement de coopératives. Pour ces mêmes raisons, la Cantine Riondo est devenue un domaine à succès, notamment à l’étranger et surtout aux Etats Unis.

Ce succès est en parti dû à Giorgio Marchiotto qui a su apporter son expertise au domaine. Celui-ci est diplômé en Œnologie et Viticulture à l’Universita degli Studi di Verona. Il fut également winemaker au domaine de la Cantine dei Colli Berici. Il y resta 5 ans. C’est d’ailleurs ce domaine qui fut à l’initiative du groupe de coopératives que nous connaissons actuellement. En 2008, il rejoint la Cantine Riondo.

Le domaine crée environ vingt vins mousseux différents. Le pressurage des raisins est doux, s’ensuit la fermentation qui se fait à 18 ° C, puis l’affinage à 8 ° C, sur les lies et durant trois mois.

Pour plus d’informations sur la Cantine Riondo.

Côtes de Castillon et côtes de francs

A l’est de Saint-Emilion s’étend une appellation qui porte un nom historique: côtes de Castillon. C’est à proximité de cette petite ville, aux portes du Périgord, que prit fin la guerre de Cent Ans, lors de la célèbre bataille qui vit la défaite des troupes anglaises du général Talbot, en juillet 1453.

Tournée vers la Dordogne, l’appellation côtes de Castillon se caractérise par une réelle homogénéité. Il est toutefois possible de distinguer deux grands types de terroir : d’une part, une plaine de très bonne qualité qui domine le fleuve de 5 à 10 m; d’autre part, un coteau et un plateau. La Première donne des vins chaleureux et souples, cependant que les seconds permettent d’obtenir une production plus robuste et de plus longue garde, à condition de limiter les rendements.

Prolongement vers le nord de l’appellation précédente, les côtes de francs, en pleine renaissance, donnent des vins qui sont eux aussi corsés et généreux.

Pauillac

Dès le premier regard, Pauillac se distingue des autres communes médocaines. Peut-être parce que, abstraction faite des stations balnéaires du littoral atlantique, elle est la seule dans la presqu’île à pouvoir prétendre, par son allure générale, au titre de ville qui ne donne pas l’impression de bouder l’estuaire.

La carte est parlante si l’on regarde Margaux, Saint-Julien, Saint-Estèphe, mais aussi Macau, Lamarque et Saint-Seurin-de-Cadourne, pour ne ci ter que ces exemples, on voit les villages éviter les rives. Les Paullacais, eux, ont refusé de se réfugier à l’abri des terres, derrière le rempart naturel des marais et des palus. Ils ont choisi au contraire de s’unir à la « rivière », comme on appelle parfois trop modestement le fleuve qui ferait plutôt penser à une petite mer intérieure.

L’animation se concentre sur les larges quais dont les pelouses font parfois penser à une sorte de port à la campagne. Dans la vie et l’économie de la petite cité, à mi-chemin entre Bordeaux et la pointe de Grave, la fonction portuaire a toujours joué un rôle. Elle fut à l’origine de son développement et elle a fait les belles heures de la ville.

Jadis, la grande distraction était l’arrivée et le départ des grands paquebots transatlantiques que les familles des propriétaires des environs venaient contempler en calèches. Et personne ne négligeait les grandes régates, mi-mondaines mi-sportives, qui couvraient l’eau des voiles des splendides racers.

Aujourd’hui, en dépit du port de plaisance, du beau front d’estuaire et des « bichettes », les petites crevettes que l’on déguste à la terrasse des cafés, la vie portuaire se laisse discerner plus qu’elle ne s’impose vraiment comme si elle s’était résignée à accepter la domination du monde du vin.

Avec ses 18 crus classés, dont trois premiers et deux seconds, et 150 déclarants de récolte, Pauillac est, non seulement la capitale du Médoc viticole, mais aussi l’un des phares de la viticulture.

Comme sa voisine méridionale, Saint-Julien, l’appellation se confond avec la commune et se caractérise par la grande homogénéité de son terroir. Celui-ci, d’une grande qualité, se présente comme un vaste plan qui culmine à l’ouest et s’incline doucement vers l’estuaire. Pédologiquement, il est constitué d’un bel ensemble d’affleurements de graves comme partout en Médoc, ils résultent des épandages des crues des ancêtres de la Garonne qui ont construit tout une série de belles croupes au-dessus du système des argiles sannoisiennes et du calcaire de Saint-Estèphe. D’âges différents, ces graves recouvrent les aspects les plus variés. On les identifie par leur grosseur, qui peut aller du gros galet au cailloutis, et par leur teinte, claire à sombre.

La succession de phases d’alluvionnement et d’érosion a abouti à la formation de versants de forme convexe vers le haut et concave vers le bas. Cette physionomie particulière est due aussi aux coulées de solifluction qui les ont empâtés; les argiles et les limons gorgés d’eau ont coulé jusqu’au fond des talwegs alors que les plus gros cailloux sont restés perchés. De là vient le caractère inégalable des croupes pauillacaises. Les analyses granulométriques des sols confirment que les éléments fins sont moins abondants.

Relativement accidentées, les croupes de graves pauillacaises se donnent par moments des petits airs de collines. Le paysage qu’elles composent n’en est que plus plaisant. Vient, s’inscrire en creux la petite vallée du chenal du Gahet qu’empruntaient autrefois les trains de plaisir et les trains transatlantiques. Une telle topographie assure un très bon drainage, renforcé encore du fait que l’appellation jouit, comme Saint-Julien, de deux façades, l’une sur l’estuaire et l’autre, au nord, sur la jalle du Breuil qui la sépare de Saint-Estèphe.

A grand terroir, grands domaines

S’étendant sur un millier d’hectares, le vignoble pauillacais présente un certain contraste dans les structures foncières. Les petites exploitations ne sont pas absentes. Leur implantation se lit, sur le terrain, par le parcellement émietté que l’on rencontre à l’ouest de la ligne de villages allant de Dauprat à Bages et autour de la dorsale menant du Pouyalet à Anseillan. Cette dispersion pourrait laisser croire à une certaine diversité des vins dont la production atteint les 7 millions de bouteilles par an. Mais ce serait oublier l’importante cave coopérative qui prend en charge la vinification, la forte représentation du cabernet-sauvignon dans l’encépagement (en moyenne 70 % pour les crus classés) et la part qu’occupent les grands domaines. Largement dominants, ceux-ci réduisent en fait les secteurs de petites Propriétés à de simples îlots au tour des hameaux qui parsèment la commune.

Le résultat est l’affirmation d’une réelle typicité dans la production. Corsés et charpentés, avec une grande puissance tannique les Pauillac sont des vins de garde par excellence. Mais ils sont en même temps fins et c’est souvent par son degré de délicatesse que chaque cru affirme sa personnalité.

L’appellation de premiers            

En règle générale, c’est au cœur de chaque grande appellation que se rencontrent les crus les plus prestigieux, sur lesquels repose la renommée du terroir. Mais à Pauillac il n’en est rien. Au contraire, les châteaux vedettes encadrent la commune au nord comme au sud. Tous les premiers crus classés, Lafite et Mouton comme Latour, se retrouvent dans une situation périphérique que partagent les deux seconds, Pichon-Longueville-Baron et Pichon Longueville Comtesse de Lalarude.

Cette disposition s’explique d’abord par la présence, au centre du territoire pauillacais, de la petite vallée encaissée du Gahet qui se jette dans l’estuaire, au nord de la ville, et qui a servi de base logistique au travail de l’érosion. Elle s’explique aussi par la proximité de drains naturels constitués par les jalles, ou la rivière elle-même, qui bordent ces crus.

Il en résulte que les terroirs les plus exceptionnels, ceux des plateaux de Saint-Lambert et du Pouyalet, contaient l’un à saint-julien, l’autre à Saint-Estèphe. Cette proximité a incité certains dégustateurs à rapprocher les crus du sud, la tour et les deux Pichon, de leurs voisins méridionaux, notamment des trois Léoville, cependant qu’à Lafite et Mouton, ce sont des similitudes avec les Saint-Estèphe, notamment Cos d’Estournel, qui sont recherchées.

Mais, aussi stimulante pour l’esprit qu’elle puisse paraître, une telle interprétation ne résiste guère à l’expérience de la dégustation.

En réalité, le fait dominant à Pauillac, est l’homogénéité de l’ensemble de l’appellation, dont les premiers et seconds grands crus se sont faits les brillants et plus parfaits interprètes. II n’est pas exagéré de considérer que les deux plateaux du sud et du nord présentent une analogie certaine par la place qu’y tiennent les graves garonnaises d’une très grande pureté.

 

Le Domaine Theulot Juillot

L’histoire du domaine Theulot Juillot, qui se trouve sur la Côte Chalonnaise, débute avec Emile Juillot qui avait à cœur de sélectionner les meilleurs terroirs.

En 1987, sa femme donna les rênes du domaine à sa fille Nathalie et à son gendre Jean-Claude Theulot. Cet héritage de mère en fille marque profondément l’histoire du domaine Theulot Juillot.

Situé en régions Bourgogne et Beaujolais, les 11,50 hectares de vignes se trouvent au cœur de l’AOC Merourey et s’étendent sur l’appellation Mercury. On y retrouve cinq Premiers Crus, 2 hectares de Chardonnay et 8 hectares de Pinot Noir. Ces Premiers Crus se constituent de Champs Martins, de Saumonts, de la Cailloute, de Croichots et de Combins.

Au sein du domaine Theulot Juillot, le plus important est de maîtriser les rendements. C’est grâce à ceux-ci que les raisins sont beaux et les vins réussis.

Tradition et modernité s’unissent au sein de ce domaine avec un vignoble labouré, une absence totale de pesticide, une vinification naturelle, l’ébourgeonnage, des vendanges en vert et manuelle (en caisses), un tri sélectif et un élevage en fûts de chêne.

 

Pour plus d’informations sur le domaine Theulot Juillot.

Côtes du vivarais

Encadrant et gardant le défilé de Donzère, les côtes du vivarais (sur la rive droite) et Grignan lès Adhémar ont en commun le fait de vivre dans le sillage du géant viticole voisin que sont les Côtes du Rhône méridionales. Pour les deux appellations, ce voisinage est autant une gêne qu’un atout.

Pourtant, le V.D.Q.S. côtes du vivarais diffère assez nettement du Côtes du Rhône. II naît dans un décor étranger à la vallée du Rhône, celui des plateaux de Saint-Remèze et d’Orgnac-l’Aven qui encadrent, au nord et au sud, les gorges de l’Ardèche. Celles-ci, comme les avens, sont dues au travail de l’eau sur la roche constituée par des calcaires particulièrement durs. Sur ces plateaux, les sols sont très peu profonds et recouverts de garrigues. Toutefois, lorsque la proportion de terre argileuse rouge typique est plus importante, elle permet l’implantation du vignoble qui croît dans la pierraille blanche du calcaire, désagrégée en surface. Bien que différents géologiquement, les calcaires blancs de Bernas, au sud d’Orgnac’, montrent les mêmes types de sol.

Associé au cinsault, au carignan et, de plus en plus, à la syrah, le grenache donne sur ces terroirs, plus humides et moins chauds que ceux de la vallée, des rouges et des rosés d’une fraîcheur et d’une finesse très particulières, avec une dominante de petits fruits rouges. Les uns comme les autres sont à boire jeunes. Joli vin du Rhône !

Le domaine du Vieux Collège

Il s’agit d’un domaine familial ayant connu sept générations différentes et se situant en région Bourgogne-Franche-Comté, non loin de Dijon. En 2006, Eric Guyard en devient le responsable et l’est toujours actuellement.

Le domaine du Vieux Collège dispose d’une superficie de 25 hectares qui passent par Marsannay, Gevrey-Chambertin et Fixin. L’appellation principale des vins produits au domaine est l’appellation Fixin. Les cépages présents sur ces terres sont typiques de la Bourgogne avec, en rouge : du Pinot Noir, en rosé : du Marsannay, du Chardonnay pour les vins blancs et de l’Aligoté pour le Bourgogne Aligoté. Cependant, le cépage principal reste le Pinot Noir.

Le domaine est également constitué d’une maison bourguignonne qui date de deux siècles environ et d’une jolie cave voûtée comportant une collection d’outils de tonnelier.

Le respect des traditions viticoles est une priorité au domaine du Vieux Collège, le but étant d’obtenir des raisins de grande qualité et de bonne maturité. Ainsi, le travail de la terre est privilégié ce qui permet de mieux respecter la biodiversité ainsi que l’équilibre environnemental. Eric Guyard cherche également à préserver l’expression des terroirs afin qu’il puisse créer diverses cuvées parcellaires qui montrent bien la multiplicité de ces terroirs.

Concernant la vinification et l’élevage, cela se fait différemment pour les vins rouges et pour les vins blancs. En effet, la fermentation alcoolique a une durée de 20 jours pour les vins rouges. Ces vins subiront ensuite le pressurage puis la deuxième fermentation qui se fait dans des fûts de chêne et durant 18 mois. La méthode utilisée pour les vins blancs diffère après pressurage. Ainsi, les moûts sont conservés dans des fûts de chêne et y passeront les deux fermentations avant d’être mis en bouteilles (12 à 15 mois de fermentation).

 

Pour plus d’informations sur le domaine du Vieux Collège.

Le domaine Finca Monica

Le domaine Finca Monica se localise en Espagne, sur un terroir spécifique qui se localise au sein de la fameuse appellation d’origine « Rioja Alavesa ».

Les vignes sont en terrasses, allant de 400 à 700 mètres d’altitude. Ceci apporte un certain équilibre aux vins produits au domaine Finca Monica. Ils ont également une très bonne concentration, ainsi qu’une couleur profonde.

Le vignoble bénéficie d’une orientation, d’un sol et d’un climat spécifique, ce qui permet d’obtenir de petits raisins ayant une peau épaisse et une forte concentration.

Vins du Jura

Les vignerons du Jura cultivent différents cépages: ploussard ou poulsard, trousseau et pinot noir en rouges, chardonnay, appelé melon en Arbois ou gamay blanc ailleurs, et savagnin ou naturé en blancs, ils produisent des vins qui ont vraiment, comme les Jurassiens, leur accent. Rouges et rosés sont francs, fruités et floraux, avec juste ce qu’il faut de corps pour s’épanouir après quelques années. Les rosés présentent ici la particularité d’être des « faux rouges », car ils sont vinifiés comme des vins rouges, par cuvaison longue. Leur couleur pâle n’est due qu’à la particularité du cépage poulsard, peu coloré. Ils ont d’ailleurs le caractère des vins rouges et prennent souvent une teinte tuilée au vieillissement. Secs, aux arômes de noix, de noisette, d’amande grillée, les blancs expriment une personnalité qui tire parfois sur le « jaune » ( il s’agit d’un goût et non d’une couleur) et les rend absolument uniques. On produit aussi d’excellents effervescents.

Côtes du Jura

L’A.O.C. côtes du Jura recouvre tout le vignoble, une soixantaine de communes, à l’exception des appellations Arbois, Château-Chalon et l’étoile intercalées en son sein. Elle produit de 15000 à 30000 hl pour près de 600 ha plantés.

Parmi les plus beaux sites, le château d’Arlay, Montaigu, haut perché, où naquit Rouget de Lisle, l’auteur de La Marseillaise, Poligny où le vin rencontre sur sa route le fromage de Comté, Le Vernois, où le vignoble a été totalement remembré (unique en France), Château-Chalon et Nevy-sur-Seille bien sûr.

Arbois

Arbois est produite sur 812 ha plantés répartis sur 12 communes du canton d’Arbois. La jolie petite ville d’Arbois, ocre, traversée par la Cuisance et nichée autour du clocher de calcaire jaune de son église, est maintenant tout entière cernée de vignes. Ayant sonné le réveil des vins du Jura, elle en constitue le principal centre économique.

Le tiers du vignoble jurassien appartient à la Maison Henri Maire qui par ailleurs achète les raisins de 800 viticulteurs.

Le premier dimanche de septembre, on fête le bicru, énorme grappe faite de centaines de raisins que l’on offre en procession à saint Just, patron d’Arbois.

Mais l’homme illustre du pays reste L. Pasteur dont on visite la maison et l’un des laboratoires. La production varie de 20 000 à 40000 hl par an (trois cinquièmes de rouge et rosé, le reste en blanc). Depuis 1970, la production de Pupillin est identifiée par l’adjonction de son nom à celui d’Arbois.

L’étoile

Le vin de L’Etoile (55 ha) est produit sur les marnes liasiques des coteaux particulièrement bien exposés des trois communes de L’Etoile, Plainoiseau et Saint-Didier. Cette appellation est réservée aux vins blancs et jaunes. Elle doit son nom à la forme des segments de tiges d’enclines, fossiles que l’on trouve dans le sol. Le chardonnay et le savagnin donnent des vins élégants ayant beaucoup de caractère et particulièrement aptes à vieillir.

Château-chalon

Nul ne discute son rang : le Château-Chalon fait partie des plus grands vins blancs de France. Blanc n’est d’ailleurs pas le mot, puisque cette appellation concerne exclusivement le « vin jaune » produit sur les communes de Château-Chalon, Ménétru, Domblanset Nevy-sur-Seille. Ce vin est aussi précieux que rare !

Le domaine Champagne Charles Heidsieck

Se localisant dans la commune de Reims (Marne), au sein du vignoble de la Champagne, la Maison Champagne Charles Heidsieck crée des rosés et des vins blancs d’appellation AOC Champagne.

C’est en 1851 que Charles-Camille Heidsieck crée son propre domaine viticole, afin de produire du champagne. Il se penche alors sur l’élaboration et la maturation du champagne. Il est considéré comme l’un des premiers producteurs viticoles à exporter avec succès son champagne.

Le domaine Champagne Charles Heidsieck se compose de 65 hectares de vignes ayant pour cépages : Chardonnay blanc, Pinot noir et Meunier noir. Le vignoble bénéficie de calcaires durs épais, de craie du Campanie, d’argiles du Sparnacien, de graviers de craie, de marnes de Lutétien et de craie à Bélemnites pour sol et sous-sol.

Au sein de cette Maison, une viticulture raisonnée est employée. La méthode de vinification champenoise est respectée et une fermentation malo-lactique est pratiquée pour les vins blancs.

Durant l’assemblage des vins de réserve, 40% d’entre eux ont 10 ans. Après la mise en bouteille, le champagne vieillit en crayères durant minimum 3 ans, alors que le seuil de maturation de l’appellation AOC Champagne est de 15 mois.

Le Brut Réserve est la cuvée la plus célèbre du domaine et est composé des 3 cépages de champagne, présents à parts égales.

Pour plus d’informations sur le domaine Champagne Charles Heidsieck.

Château-Grillet

Exceptionnel par sa taille, Château-Grillet appartient à un seul propriétaire dont le domaine, établi dès l’Antiquité, garde des caves médiévales remaniées à la Renaissance. Située en plein cœur de Condrieu, elle est produite avec un cépage unique, le viognier qui trouve ici comme à Condrieu les terrains granitiques parfaitement adaptés. Château-Grillet ne se distinguerait en rien par rapport aux vignes condriotes si elle ne se trouvait dans un cirque très abrupt parfaitement exposé au lieu d’être à l’embouchure d’une vallée comme ses voisines. Un détail, diront certains, mais il fait la différence et donne toute sa particularité aux quelque 50 à 70 hl produits chaque année. Une rareté pour quelques privilégiés.

La Maison Lanson

Situé à Reims, la Maison Lanson date de 1760, année où François Delamotte et sa femme décidèrent d’investir dans leur propre domaine viticole afin de créer du champagne. A l’époque, ils étaient déjà propriétaires de vignes situées à Ay et à Cumières, mais c’est bien leur nouveau domaine viticole qui leur doit de faire partie des premiers créateurs de champagne.

C’est en 1798 que le plus jeune des fils de François Delamotte, Nicolas-Louis Delamotte, reprit le domaine familial. Il choisit la Croix de Malte pour emblème du domaine Lanson car il fut Chevalier de l’Ordre de Malte. Désormais, la Croix de Malte est le symbole du domaine.

La famille Delamotte se lie d’amitié avec Jean-Baptiste Lanson qui entre au domaine et prend les rênes après le décès de Nicolas-Louis Delamotte. La Maison est alors renommée Maison J-B Lanson et Compagnie. Son fils, Victor-Marie Lanson lui succède en 1855. La Maison change une fois encore de nom pour devenir Lanson Père et Fils.

Victor-Marie Lanson s’intéresse à la dimension internationale qu’il peut donner à son champagne et surtout, au marché britannique. Cela lui permet d’obtenir un contrat d’agent exclusif avec Percy Fox, une société londonienne. Ce contrat offrit à la Maison Lanson la première place sur le marché britannique.

Le domaine Lanson devient, en 1900, le fournisseur de champagne officiel de la Cour d’Angleterre, puis celui de la Principauté de Monaco. Pour ce fait, une bouteille spécialement conçue avec le damier monégasque fut créée.

En 1928, c’est Victor Lanson qui reprit le domaine et créât, en 1937, une cuvée de brut sans année qu’il appellera Black Label, en référence à la Grande Bretagne. En 1967, c’est son fils Etienne qui lui succède. C’est également lui qui commença à conserver d’anciens millésimes pour pouvoir acquérir une unique œnothèque que le domaine détient toujours.

Côtes du Rhône

L’aire des Côtes du Rhône s’étend sur quelque 163 communes réparties entre six départements (Rhône, Loire, Drôme, Ardèche, Gard et Vaucluse).

L’importance même de cette appellation dans les vins du Rhône explique qu’elle soit souvent confondue, dans l’esprit du public, avec l’ensemble des vignobles de la vallée. En théorie, cette assimilation ne semble pas absurde, puisque les terroirs donnant droit à son utilisation s’étendent du sud de Vienne à Avignon. Mais dans la pratique, la quasi-totalité de la production de Côtes du Rhône – à l’exception d’un petit millier d’hectolitres – provient de la seule partie méridionale. En effet, les vignobles du nord se consacrent presque exclusivement à la production d’appellations locales.

Vaste amphithéâtre, les Côtes du Rhône du sud étalent leur do mairie sur quatre départements (Drôme, Vaucluse, Gard et Ardèche) entre Bollène et Avignon. Là, de part et d’autre du Rhône, on parle exclusivement du vin; il règne aussi souverainement sur la vie des gens que la vigne sur le paysage. Mais si les ceps fournissent l’indispensable trait d’union entre les deux rives,

Sur la rive gardoise, les vignobles se sont regroupés sur une série de collines aux formes arrondies, bloquées entre le fleuve, à l’est, et les plateaux d’altitude moyenne de l’Ardèche et du (lard, à l’ouest. Peut-être parce qu’ils mènent vers la rude et noble montagne cévenole, ces plateaux calcaires portent la marque d’une géologie dure et compacte. Contrastant avec cet univers sauvage où les vallées deviennent d’étroites gorges, le territoire où s’épanouit le vignoble est souriant, moulé dans des roches suffisamment tendres pour que les rivières puissent prendre leurs aises dans de larges vallées ouvertes sur le Rhône. Jouant avec les collines et les sols sableux ou marno-sableux, la vigne paresse sous les rayons du soleil, sur des pentes plus ou moins fortes, sans dépasser 250 m d’altitude, tandis que les sommets des collines sont largement boisés de pins méditerranéens. Le Rhône et ses affluents n’ont déposé sur la rive droite que peu d’alluvions anciennes caillouteuses, sauf en deux endroits, vers le sud, autour de Tavel et Lirac, puis de Tomazan et Estézagues. Au moutonnement des collines de la rive languedocienne s’opposent, de l’autre côté du fleuve, les vastes horizons uniformes des larges bassins à fond plat de Valréas, Saint-Cécile-les-Vignes, Orange, Travaillan, Avignon. Seuls les bosquets des parcs parviennent à apporter un semblant de relief dans cet univers de plaines.

Dans l’ensemble français, les Côtes du Rhône se caractérisent par la vaste palette des cépages – pas moins de 23 noms – dans laquelle les viticulteurs peuvent faire leur choix. En réalité, une dizaine, pas plus, sont réellement utilisés. Pour les rouges, le cépage dominant est bien entendu le grenache. Il donne des vins riches en alcool comme en arômes qui possèdent beaucoup de gras et de puissance. De son côté, le cinsault, qui entre notamment dans la composition des rosés, confère un bouquet fruité d’une finesse et d’une élégance incomparables. Mais il exige des rendements faibles. Parfait complément du grenache par sa résistance à l’oxydation, la syrah marque sa présence par de complexes notes aromatiques et une meilleure tenue des vins dans le temps. Ce sont des qualités assez proches qu’apporte le mourvèdre, Mais celui-ci garde de ses origines ibériques une forte exigence de chaleur et il exige une très bonne orientation.

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Le Domaine Laurent Perrier

La Maison Laurent-Perrier se trouve à Tours-Sur-Marne et débuta en 1812, avec André Michel Pierlot. Tours-Sur-Marne se localise au croisement de trois grandes régions viticoles Marnais : la Côte des Blancs, la Montagne de Reims et la Vallée de la Marne.

En 1881, quand Michel Pierlot décède, il lègue son bien à Eugène Laurent, le chef de cave. Celui-ci prend alors conscience du travail de développement dont a besoin le domaine. Il décide donc d’en faire un véritable domaine producteur de champagne en le constituant de vignes et de maisons. Pour cela, il acquiert des biens à Tours-sur-Marne, ainsi que des vignobles sur plusieurs grands terroirs : Bouzy, Ambonnay et Tours-Sur-Marne. Il entame par la même occasion des travaux sous terre afin de construire des caves et un laboratoire de dégustation, le tout mesurant 800 mètres.

A la mort d’Eugène Laurent, sa femme, Mathilde Emilie Perrier décide de renommé le domaine « Veuve Laurent-Perrier ». De cette façon, leurs noms de famille sont liés. Désormais, c’est elle qui s’occupe de la Maison et à sa mort, c’est sa fille Eugénie Hortense Laurent qui la reprend.

En 1939, c’est Marie-Louise de Nonancourt qui hérite du domaine. Son fils, Bernard de Nonancourt apprend le métier de la vigne afin de pouvoir un jour reprendre la Maison. Il devient, en 1948, Président Directeur Général et emploie vingt personnes pour une commercialisation de 80 000 bouteilles de champagne. Aujourd’hui, le champagne Laurent Perrier est exporté dans 160 pays.

Pour plus d’information sur la Maison Laurent Perrier.

Hermitage

Aujourd’hui, l’autoroute passe un peu à l’écart, à quelques lieues de la ville de Tain-I’Hermitage ; mais l’habitué de la Nationale 7 ou du chemin de fer connaît le coteau magnifique souligné par les grandes barres blanches portant les noms de grands négociants, Jaboulet, Chapoutier, etc.

Comme à Côte Rôtie, l’intérêt de ce versant abrupt s’offrant aux chauds rayons du soleil n’avait pas échappé aux Romains arrivés ici quelques décennies avant le début de notre ère. II est à peu près certain que les vins du Rhône de ces vignes participèrent à la réputation des vins de Vienne; pourtant, le nom d’Hermitage apparut beaucoup plus tard dans l’histoire. Certes, les Romains y bâtirent, au sommet de la colline, un temple dédié à Hercule, mais sans rapport avec le vignoble. Probablement dévasté par les invasions barbares, cet édifice fut reconstruit en chapelle dédiée à saint Christophe qui donna son nom au coteau. La légende raconte que le chevalier Henri Gaspart de Sterimberg, revenant en 1224 fatigué et las des croisades, choisit, avec l’autorisation de la reine Blanche de Castille, de se retirer dans une petite masure près de la chapelle, à la recherche de la paix, dans la solitude de la vie contemplative. il défricha et replanta la vigne sur les pentes du coteau.

Plus tard, après sa disparition, d’autres ermites prirent possession du lieu. Bien placé, entre Lyon et la Méditerranée, il constituait une étape pour les voyageurs qui ne manquaient pas d’y faire halte pour prier mais aussi pour déguster le vin des ermites dont la réputation allait grandissante le nom de l’Hermitage était né et la notoriété du vin dépassa rapidement les frontières, jusqu’en Angleterre et à la cour des tsars, au XVIIe siècle. On raconte même, mais la mémoire bordelaise serait, semble-il, défaillante à ce sujet, que des vins de l’Hermitage, transitant par Bordeaux, seraient arrivés en Grande-Bretagne, grâce à un curieux mariage, sous le nom de « bordeaux hermitage ».

De nos jours, la chapelle existe toujours, au sommet du coteau majestueux qui semble garder l’entrée de la vallée. Mais curieusement, le coteau de l’Hermitage n’a pas la belle homogénéité des terroirs de la rive droite, sans, bien entendu, que cela nuise à la qualité de sa production.

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Le Domaine Louis Roederer

Le domaine Louis Roederer s’étend sur 240 hectares de Grands et Premiers Crus de la Marne.

C’est en 1833 que Louis Roederer hérite du domaine. Ainsi, il prit la décision d’enrichir le vignoble, afin de garder un œil sur chaque étape de production de son vin. Il achète, au XIXe siècle, des vignes sur l’appellation des Grands Crus de Champagne, ce qui pour l’époque, n’était pas le meilleur choix. Pourtant, il ne le regretta jamais.

A l’époque, l’achat de raisin était privilégié. Cependant, Louis Roederer préférait s’occuper de son vignoble, en prenant soin d’analyser chaque hectare et d’en définir les meilleurs. Grâce à son investissement au sein de celui-ci, Louis Roederer donna son nom au domaine.

A sa mort, c’est Louis Roederer II qui hérite du domaine, mais pas seulement. Il hérite également de la passion et du savoir-faire de son prédécesseur.

En 1870, le Champagne Louis Roederer traverse pour la première fois les frontières en s’invitant aux Etats-Unis ou encore en Russie. En 1876, il produit un champagne spécialement pour le Tsar Alexandre II (« Cristal »), inventant ainsi la cuvée prestige.

Léon Olry Roederer reprend les rênes du domaine Louis Roederer en 1920, avec une certaine vision du vin. En effet, celui-ci privilégie les vins très équilibrés. C’est lui qui fut à l’origine du futur Brut Premier, qui participera au renouveau du domaine. A sa mort, sa femme Camille Olry Roederer hérite de la Maison, en 1933. Elle y apporta notamment un coté festif et un total succès. Camille apprécie les réceptions au sein de l’Hotel Particulier de la famille, qui se trouve à Reims. Ces réceptions permettent aux champagnes Louis Roederer de se faire connaître de la nouvelle génération.

Jean-Claude Rouzaud, son petit-fils, qui est par ailleurs ingénieur agronome et œnologue, reprend ensuite le domaine. Celui-ci débuta le remembrement des vignes et transmit son amour pour l’œuvre familiale à son fils Frédéric Rouzaud qui est désormais à la tête de la Maison Louis Roederer.

 Pour plus d’informations sur la Maison Louis Roederer.

Clairette de die et châtillon-en-diois

Le plus septentrional de ces vignobles est celui du Diois qui a établi son domaine sur les versants de la haute vallée de la Drôme, entre Luc-en-Diois (550 m) et Aouste-sur-Sye (160 m). Là, en amont de Crest, deux appellations se partagent la région la clairette de die à l’ouest et Châtillon-en-diois, à l’est.

Situé en plein coeur des Préalpes, abrité par les falaises du plateau du Vercors, le Diois est un véritable paradis pour le géologue, tant les roches ont été plissées et brisées avant d’être mises à nu par l’érosion au cours du soulèvement des Alpes. C’est au coeur de l’aire de l’appellation, en amont d’Espenel, que se trouvent les fameuses terres noires, des marnes schisteuses du Jurassique, qui ont fait la réputation de la région. Elles forment en effet d’excellents sols à vigne dans un secteur où le climat, plus froid et plus humide que celui de la vallée du Rhône, convient parfaitement aux vins blancs.

Aujourd’hui, deux types de vin mousseux sont élaborés. Le premier est obtenu par la méthode dioise traditionnelle, à partir du muscat à petits grains. La mousse est fournie par les sucres naturels de raisin; les vins sont titis en bouteilles sans liqueur de tirage, alors qu’ils ne sont que partiellement fermentés. Le second type est élaboré à partir du cépage clairette. II est rendu mousseux par une seconde fermentation en bouteilles.

Dans la haute vallée de la Drôme, ainsi que dans celle du Bez, on trouve une autre production, avec les chatillon-en-diois qui sont des vins tranquilles. Issu du chardonnay associé à l’aligoté, le blanc est frais et léger. Le rouge est issu de gamay associé à la syrah et au pinot; produit sur l’unique coteau caillouteux qui domine le village de, Châtillon-en-diois, il est friand et fruité.

MOËT & CHANDON

Créée par Claude Moët en 1743, la Maison Moët & Chandon est connue dans le monde entier comme étant un symbole de célébration.

C’est grâce à un savoir-faire avant-gardiste que les vins de la Maison Moët & Chandon sont aussi prisés. La combinaison entre modernité et tradition est rendue possible par des techniques viticoles novatrices, ainsi que les gestes de célébration conçus par Claude Moët. Jean-Rémy Moët, son petit-fils, offrit à Moët & Chandon une vitrine internationale, tout en gardant cet esprit novateur, si cher à sa famille.

Le mélange entre tradition et modernité passe par l’utilisation de nouvelles technologies, tout en privilégiant le vignoble et sa nature au sein du processus de production.

Ces innovations apportées par la Maison Moët & Chandon sont toujours présentes aujourd’hui, notamment par la production d’éditions exclusives et personnalisées. Cela passe par le célèbre format mini-flûte, les bouteilles incrustées de cristaux Swarovski ou encore, plus récemment, le Moët Ice Impérial. Il s’agit du premier champagne que l’on peut accompagner de glaçons puisqu’il est totalement conçu pour cela.

Au fil des années, la Maison Moët & Chandon offrit à chaque événement sa propre tradition. Qu’il s’agisse d’arroser de champagne les gagnants d’une course automobile, de briser une bouteille lors de la mise à l’eau d’un nouveau bateau ou de construire des pyramides de flûtes à champagne, Moët & Chandon laisse bel et bien sa trace dans la célébration de grands évènements.

Le saviez-vous ?

Le nom du plus célèbre champagne Moët & Chandon, Moët Imperial, provient de l’Empereur Napoléon Bonaparte. Celui-ci appréciant fortement les caves du domaine (qui se trouvent à Epernay), il décida d’offrir la légion d’Honneur à Jean-Rémy Moët. Suite à cela, la légende raconte que l’Empereur Bonaparte aurait été le premier à sabrer une bouteille d’un champagne de la Maison Moët & Chandon afin de fêter une victoire.