Vin Bourgogne Beaujolais

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De la vigne dans la plaine, de la vigne dans les villages et encore de la vigne sur les coteaux : le Beaujolais, contrairement au Mâconnais laisse régner la vigne sans partage. Riche d’un vignoble de plus de 23 000 hectares, le Beaujolais possède presque la moitié de la superficie viticole de l’ensemble de la Bourgogne. Au-delà de 500 mètres d’altitude, les ceps abandonnent tout de même la partie à une forêt fortement grignotée par l’homme, malgré un effort de reboisement des crêtes. Et encore, si la vigne ne monte pas plus haut, c’est parce qu’elle serait trop exposée au vent. Alors, au sommet, on bâtit parfois une chapelle, comme dans les Côtes de Brouilly, pour protéger la vigne qu’elle domine… Sur 55 kilomètres de long et 15 de large, voilà le Beaujolais, pays quasi exclusif du gamay.

Pourquoi ce cépage ici ? C’est qu’il se plaît tout particulièrement sur les sols granitiques. Dans le nord du Beaujolais, où se situent les très fameux dix crus (de Saint-Amour à la Côte de Brouilly, en passant par Juliénas, Moulin-à-Vent ou Morgon, entre autres), ces sols sont riches de roches cristallines et métamorphiques, recouvertes de couches de dépôts sédimentaires. Du granit, le gamay extrait des saveurs fruitées profondes, parfois élégantes et souvent bien sympathiques.

Dans la mouvance de la modification des décrets qui s’est opérée en France dans la seconde moitié des années 2000, et sous l’impulsion de l’Union des Vignerons du Beaujolais, plusieurs changements sont intervenus dans les modes de conduite de la vigne. Mais avant tout, côté vendange, rien n’a changé : les raisins du Beaujolais sont méticuleusement cueillis à la main, bien que la machine à vendanger y ait fait son entrée. En automne donc, la paysage se charge d’une main-d’œuvre inouïe : on peut apercevoir entre les rangs de vignes jusqu’à 35 000 personnes disséminées pendant une quinzaine de jours.

Le changement est ailleurs et notamment dans le profil des vignes. Jusqu’à présent, les ceps étaient taillés exclusivement en éventail ou en gobelet, les laissant très au ras de la terre. Désormais, nous allons voir le vignoble prendre une autre figure, avec de plus en plus de vignes taillées en cordon, plantées droit comme dans le reste de la Bourgogne, et le nombre de pieds à l’hectare passer de 8 000 à 5 000.

De plus en plus de vignerons du sud du Beaujolais, attirés par le prestige des crus (environ 30% de la récolte totale du Beaujolais) et leur commercialisation de facto facilitée grâce à des noms plus connus (Moulin-à-Vent ou Juliènas, par exemple), cherchent à s’installer dans le nord de la région. Si l’avenir du Beaujolais nouveau (un tiers de la production locale) n’est pas en danger, les Beaujolais de terroir sont en train de prendre leur revanche. Ne décrions pas cette tradition de fêter le vin nouveau, ce vin fruité au plaisir immédiat, chaque troisième jeudi du mois de novembre. Mais alertons ceux qui pensent que le Beaujolais nouveau est à l’image de la production de toute une région : celle-ci propose de très beaux vins comme peuvent en témoigner tous ceux qui ont déjà goûté un vieux Morgon !

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